Temple de Pythons
Dans les couvents Vodoun, la vie est avant tout communautaire : chaque famille y détient un rôle précis, transmis de génération en génération. C'est ici qu'officie la famille « Deh Agbotagbato », dont la charge est de briser la tête du mouton ou de la chèvre immolés lors des grandes cérémonies. Ce devoir sacré reste propre à la famille — et si le chef de famille est absent, son fils aîné peut le représenter pour accomplir le rituel.
Deux calebasses accompagnent la cérémonie : l'une contient le sang de l'animal sacrifié, l'autre la noix de cola et d'autres composantes rituelles. Le sang y est jalousement protégé, car il détient toute l'énergie nécessaire à la communion avec l'univers spirituel.
Au cœur de l'enceinte se dresse le sanctuaire, la case la plus sacrée du temple. Bâtie en terre depuis 1717, elle abrite l'autel de la divinité mère que l'on y prie. Réhabilitée en 1992 à l'occasion du festival Ouidah 92, elle a vu son toit et sa charpente restaurés — la toiture de paille conservée, tandis que le plancher a été ceinturé de béton afin de préserver au mieux l'intégrité du bâtiment d'origine.
Les jours de marché, des cérémonies s'y déroulent : on y prie, avec des offrandes, la divinité mère pour la paix, la prospérité et la protection. Seuls les prêtres et les initiés ont le droit d'y pénétrer.
Comme dans toutes les cases sacrées des couvents Vodoun, des interdits stricts y sont religieusement respectés :
Comme le disait saint Augustin, « l'erreur est humaine » — nos divinités sont des divinités de clémence et de miséricorde. Aussi, quand une faute est commise, c'est dans cette case qu'il faut se purifier. La case de purification est en effet aussi la case de la confession. C'est pour cette raison qu'elle est construite basse : il faut s'y agenouiller pour implorer la grâce du pardon, en signe d'humilité.