Temple de Pythons
La case moderne des pythons est bâtie en forme de grenier. Elle abrite une soixantaine de pythons gardés pour la vénération — des serpents qui, contrairement aux idées reçues, ne sont jamais agressifs.
En les observant de près, on remarque qu'ils portent des motifs que l'on retrouve reproduits dans les scarifications de leurs adorateurs — c'est d'ailleurs pour lui ressembler que ceux-ci se scarifient ainsi, le moment où il faut transformer la peur en audace. Avant de porter un python, une petite cérémonie de purification est réalisée avec la feuille d'hysope, feuille universelle de purification.
Une fois par mois, la porte de la case est ouverte : les pythons en sortent pour chasser rats, rongeurs et souris — ils en sont les prédateurs naturels. Une fois la chasse terminée, ils reviennent d'eux-mêmes, ou la population les ramène au temple. Retrouver un python chez soi est toujours considéré comme une bénédiction.
À l'intérieur de la case, les pythons s'entremêlent pour se donner de la chaleur ; ils s'y accouplent et y pondent leurs œufs, car ce sont des animaux ovipares. Ils y boivent aussi régulièrement de l'eau sacrée — une eau avec laquelle il est possible de faire des vœux, mais uniquement des vœux positifs.
Pour formuler un vœu, il faut contourner la case dans le sens antihoraire et franchir les trois marches. Une fois le vœu prononcé, on y dépose une offrande, en signe de reconnaissance et de contribution à la cérémonie : l'argent recueilli sert à acheter le nécessaire aux prières. Le python, lui, fait figure d'exception — il ne demande jamais rien en retour.
Chez nous, le python vit spirituellement pour toujours, même s'il lui arrive de quitter physiquement son corps : sa durée de vie moyenne se situe entre 40 et 50 ans. Lorsqu'il « voyage en esprit », il est enterré selon des rites et cérémonies spécifiques. Ses funérailles réunissent les prêtres, la prêtresse et quelques initiés : chants et panégyriques l'accompagnent alors vers l'au-delà.